Ministère de lEmploi et de la Solidarité
Ministère de la Santé
Protocole daccord passé entre
Les organisations syndicales ci-dessous signataires
et
le Gouvernement
Le gouvernement, conscient de limportance du rôle des personnels enseignants et hospitaliers des centres hospitaliers universitaires et des missions qui leur sont confiées, a engagé une concertation avec leurs représentants, avec le souci de préserver léquilibre nécessaire entre enseignement, recherche et fonctions hospitalières, dans un contexte hospitalier et universitaire en forte évolution.
Le présent protocole prend acte des premières mesures que le gouvernement entend prendre à lissue dune première étape de la réflexion engagée, qui devra être poursuivie.
I RETRAITE
La question de la retraite hospitalière des personnels HU titulaires constitue un réel problème. Leurs émoluments nont pas quun strict caractère indemnitaire : ils correspondent en effet à la rétribution du temps médical consacré à lhôpital.
Les personnels HU demeurant soumis aux dispositions statutaires applicables aux enseignants chercheurs, la négociation sur leurs retraites devra sintégrer dans le chantier global des retraites de la fonction publique, qui sera ouvert dans un proche avenir.
Dans ce cadre, il conviendra de sinterroger sur le statut des fonctions hospitalières des HU, compte tenu de leur définition actuelle aux termes de lordonnance n° 58-1373 du 30 décembre 1958, qui confère aux personnels HU un statut de fonctionnaires dEtat rattachés à temps plein à lEducation nationale.
II AUGMENTATION DES EFFECTIFS
A un moment où la charge médicale de travail à lhôpital va saccroître, il est nécessaire de permettre aux personnels HU de maintenir un équilibre entre leur triple mission de soins, denseignement et de recherche. On constate en effet une augmentation et une complexité croissante de leur charge :
Pour ces raisons, le Gouvernement a dores et déjà engagé un certain nombre dactions.
Ainsi, au titre de 2002, les ministères de lEducation nationale et de la Santé ont créé 39 emplois hospitalo-universitaires contractuels, assistants hospitalo-universitaires ou chefs de clinique (AHU ou CCA) ; concernant les praticiens HU titulaires, les besoins ont été pourvus par des plans triennaux de redistribution demplois de titulaires au profit des UFR les moins favorisées (25 emplois de PU-PH de 2001- 2003 et 14 de MCU-PH de 2002-2004). Mais ces plans volontaristes ont nécessairement une limite liée aux possibilités de redéploiement.
Au-delà de ces engagements, le Gouvernement est disposé à étudier avec les organisations syndicales les recrutements nécessaires, susceptibles dêtre intégrés pour leur part hospitalière dans les créations dores et déjà prévues, dans un cadre pluri-annuel, aux termes du cadrage national du 22 octobre 2001.
Le chiffrage précis fera lobjet dune étude en commun dans le cadre dune évaluation des besoins. Dans un premier temps, les signataires estiment quune centaine demplois par an pendant 4 ans pourraient savérer nécessaires.
Le principe dun plan pluriannuel portant essentiellement sur les emplois de personnels temporaires et, dans une moindre mesure, sur des emplois de titulaires pour les disciplines cliniques, est par ailleurs retenu, selon les modalités suivantes :
III - CAPITALISATION PLURIANNUELLE DES CONGES NON PRIS AU TITRE DE LA MISSION TEMPORAIRE
La position de mission temporaire prévue à larticle 34 du décret 84-135 du 24 février 1984 est actuellement fixée à trois mois par période de deux ans travaillée avec maintien de la double rémunération.
Il est prévu dinstaurer un système de capitalisation pluriannuelle de ces congés dans la limite de huit années, par le report des missions temporaires non utilisées, ce qui autorise un congé maximal dune année tous les huit ans.
Ce dispositif sassortit dune possibilité de panachage en cas dutilisation partielle de la durée des missions prévues à larticle 34.
Ce congé capitalisé sera accordé sur projet, par les autorités hospitalières et universitaires après avis des instances locales compétentes (CME et UFR).
Un dispositif daccompagnement financier, géré sous la forme dune enveloppe nationale mobilisée au cas par cas, sera mis en place afin de compenser le temps médical hospitalier des intéressés durant leur absence, si cela savère nécessaire.
IV - PROLONGATION DES FONCTIONS HOSPITALIERES DES PU-PH JUSQU'A SOIXANTE HUIT ANS AVEC LINTEGRALITE DES PREROGATIVES QUI SY ATTACHENT.
Actuellement les PU-PH qui bénéficient du maintien en activité en surnombre universitaire en application de larticle L 952-10 du code de léducation, peuvent poursuivre des fonctions hospitalières en qualité de consultant dans les conditions prévues à larticle L 6151-3 du code de la santé publique.
Ce mécanisme est dans la réalité assorti de contraintes qui en rendent lapplication limitée :
- les consultants ne peuvent plus être chefs de service ;
- les budgets hospitaliers ne sont pas abondés du montant afférant au coût de la rémunération des consultants, ce qui explique une déshérence du consultanat.
Afin de prendre en compte les données démographiques et laccroissement des charges de soins, il est prévu de modifier le code de la santé publique afin de permettre aux PU-PH qui bénéficient du surnombre universitaire de poursuivre leurs fonctions hospitalières dans leur intégralité dans la même limite de durée.
Cette prolongation, basée sur le volontariat, devra répondre à un apport de temps médical nécessaire à létablissement, sur la base dun projet soumis à lavis des instances locales (CME et CA).
Lemploi sera libéré comme cest actuellement le cas de manière à ne pas retarder lentrée dans le corps des plus jeunes générations.
Afin de donner toute sa portée à ce nouveau dispositif, une enveloppe gérée au niveau national permettra dabonder les budgets hospitaliers du montant correspondant au coût de la rémunération des PU-PH autorisés à prolonger leurs fonctions, pendant la durée des prolongations.
V AMELIORATION DE LA PROTECTION SOCIALE EN CAS DE MALADIE
Dans la mesure où les émoluments des personnels HU titulaires ne sont soumis à aucun prélèvement au titre de la maladie, ces derniers ne bénéficient daucune couverture sociale à ce titre.
Seule une mesure de bienveillance prévue par une circulaire n° 6844 du 13 avril 1988, laissée à lappréciation des chefs détablissements, leur permet actuellement de rémunérer les intéressés durant 1 mois en cas de maladie, à la condition quils nexercent pas dactivité libérale.
Par souci déquité envers les autres médecins hospitaliers, il est décidé de maintenir les émoluments hospitaliers aux PU-PH et aux MCU-PH durant trois mois en cas de maladie. Il sagit dune mesure dérogatoire et transitoire, dans lattente de louverture ultérieure du dossier portant sur le statut des fonctions hospitalières des personnels HU et des droits qui sy attachent.